Bullet journal

Créer une page de bullet journal (quand on pense qu’on ne sait pas dessiner)

Se faire plaisir et regarder de magnifiques pages de bullet journal sur Pinterest…ça émerveille…et ça freine aussi les plus novices d’entre nous. On trouve ça joli mais je n’aurai jamais l’inspiration, je n’ai jamais dessiné, mon bujo ne ressemblera jamais à ça..voilà comment nos envies se retrouvent anéanties sous le flot de notre fichu petit dialogue intérieur.

Il y a celles qui dépassent le problème en choisissant un bujo dit minimaliste, l’efficacité avant tout, rappelons l’un des buts du bullet journal: aider à l’organisation. D’autres le choisissent tout simplement parce qu’elles n’aiment pas dessiner. Les concepts phares du bujo tels que les puces, les codes clés, les trackers sont alors repris, sans y ajouter de déco. Le plus important est d’être en accord avec notre façon de fonctionner.

Ceci dit, quand je lis les batailles que certaines minimalistes livrent aux bujoteuses qui s’adonnent à la déco de leur carnet avec coeur, je ne peux m’empêcher de penser qu’un brin de frustration a dû passer par là. Encore une fois, Facebook m’a décu. Les groupes créés autour du bullet journal perdent tout leur intérêt dès que le jugement s’immisce. C’est peut-être mon côté psy mais je me suis dit que ces jugements à propos des bujo décorés ne pouvaient être que la conséquence d’un besoin non rempli. Comment de jolies pages de bullet journal pouvaient-elles inspirer tant de haine?

Se définir comme une personne qui n’aime pas/ne sait pas dessiner tout en en ayant pourtant l’envie peut amener des frustrations, d’où la mise en avant exacerbée du concept du bullet journal en mode « nude », épuré. Mais j’en suis pourtant convaincue: même quand on ne sait pas dessiner, il est possible de prendre plaisir à embellir notre joli carnet.

De mon point de vue totalement perso, un bullet journal prend aussi du sens à travers notre manière tout à fait personnelle de l’aborder. Y apporter notre touche et du temps pour y créer de jolies pages qui nous ressemblent, voilà ce qui le distingue d’un simple agenda. Le bujo déploie son pouvoir quand, en plus d’être une aide à l’organisation, il devient un outil pour s’offrir du temps pour soi, se vider la tête. Et bien sûr je respecte utilisatrices optant pour un bujo sans déco, je pense seulement que si le bullet journal peut se mettre au service de notre créativité, ça lui donne une valeur ajoutée.

Pour avoir été dans cette double posture: j’ai envie de me lancer mais je ne sais pas dessiner, j’avais envie de proposer quelques astuces pour décorer facilement son carnet. A l’aide de quelques petits détails seulement, vous le rendrez attractif à vos yeux et cela donnera la confiance nécessaire pour se lancer dans d’autres défis.

  • Penser au contenu avant la déco

Pour décorer tranquillement, le premier conseil est de lâcher prise par rapport au dessin et de se demander en premier lieu ce que va contenir la page.

Exemple: Je veux réaliser une page feel good à propos de mes projets pour l’été. Je ne sais pas par où commencer. J’imagine d’abord ce que je souhaite y écrire. Organiser l’été hors de Doha a été un casse-tête et je voudrais voir apparaître clairement les dates clés et projets associés.

  • Faire un tour sur Pinterest à propos du thème de ma page

L’inspiration ne tombe pas du ciel au début, ni même après d’ailleurs. Il est toujours intéressant de voir ce que d’autres ont créé autour d’un thème similaire et y piocher des idées. Je formule toujours les mots de ma recherche en anglais puis en français, les résultats sont différents, le lettering aussi.

Exemple: je fais une recherche « bullet journal summer 2017« , je tombe sur cette idée de page et j’aime beaucoup!

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En réalisant cette recherche je tombe sur d’autres pages qui me plaisent aussi, je les enregistre pour plus tard, en prévision d’un prochain besoin urgent d’inspiration.

  • Faire le tri et choisir les éléments à reprendre

L’idée est d’éviter de vouloir à tout prix reproduire une page telle quelle. Le risque est d’être déçu du résultat final, votre page ne ressemblera jamais exactement à son modèle et la déception viendra nourrir votre petite voix intérieur qui dit « tu vois, tu ne sais pas dessiner« . Personnellement, je travaille toujours par mix, je fais un mélange de plein de choses qui me plaisent sur des pages différentes.

Quand une page me plait, j’essaie d’identifier ce qui m’attire et ce qui est à ma portée en terme d’exécution. Aucun prérequis en dessin ne me semble nécessaire pour dessiner les pots de cactus de mon exemple et c’est typiquement une déco qui marche super bien les cactus! Je retiendrai donc les cactus, l’encadré titre dont le lettering ne semble pas compliqué et la section Things to do qui me permettra de compléter le contenu avec des éléments que je ne dois pas oublier cet été. Tient je n’y avais pas pensé au moment de penser le contenu!

  • Commencer une page et ne pas vouloir à tout prix la terminer ici et maintenant 

Il faut parfois du temps pour nourrir une page et il est impératif de croire à son potentiel esthétique même si, en phase de construction, elle est très moche. Partons du principe qu’il y a aura toujours moyen d’embellir, d’améliorer le tout. Le jugement hâtif du « oh non c’est nul, c’est raté » ne nous donnera pas le boost pour continuer. C’est seulement quand elle est terminée qu’une page se révèle finalement bien plus sympa que prévu, même avec ses petites erreurs. Vouloir finaliser trop vite, ne pas prendre le temps va nous conduire tout droit à la déception.

Très souvent je laisse une page en suspend, j’y reviens quelques jours plus tard. Je laisse des pages vides avec juste un titre griffonné au crayon, ah tient j’aimerais une page de souvenirs de ma dernière semaine de vacances ici avant d’entamer le mois de mai. Qui a dit que le bullet journal devait se travailler de manière linéaire?

  • Travailler au crayon dans un premier temps

Quelle frustration quand notre écriture dérape ou qu’une cadre ne donne pas l’effet escompté. Les ratures typiques qui donnent envie d’abandonner. Après 8 mois d’utilisation, je travaille encore systématiquement au crayon pour les pages spéciales. Il m’arrive de vouloir ajouter un dessin et je finis par abandonner mon idée initiale, le résultat ne me plaît pas mais en gommant, aucun problème, je ne garde pas de trace de cet essai-erreur.

 

L’essai-erreur c’est une invention formidable! On peut se décomplexer à l’aide de son crayon, faire des tentatives, tester des dessins encore jamais réalisés et voir ce que ca donne. Ce n’est pas du temps gaspillé mais du temps alloué à la création et de belles occasions d’apprendre.

2b3485dcd7c5cf1963e549ada04db68dIl m’est arrivé de gommer 10 fois de suite un dessins que je trouvais moche pour finalement le remplacer par autre chose et le réussir quelques jours plus tard. Je pense par exemple aux avions en papier, je les trouve très joli. Exécuter ce dessin n’a rien de compliqué mais une fois dessiné, il ne donnait juste rien du tout.

 

  • Commencer par utiliser les basics 

Ce que j’appelle les basics, ce sont des graphismes, je n’irais même pas jusqu’à parler de dessins mais de simples petites flèches, cadres, bannières que vous identifiez comme jolies. Un basic est quelque chose que l’on peut reproduire facilement et vous allez être surpris par leur pouvoir esthétique dans votre bujo.

En fait, chaque page ne doit pas être magistrale, il n’est pas nécessaire de déployer votre artillerie de dessinateur à chaque fois, loin de là. Je suis de nature plutôt cool, j’aime me dépasser certains jours mais d’autres pas du tout. Alors je pioche dans ma réserve. L’avantage des basics? On les maîtrise très rapidement. Partant de zéro, j’ai du m’y reprendre à trois fois avant de dessiner une bannière correcte. Mais Pinterest vous aide encore une fois avec des exemples de dessins pas à pas.

Voici les mots clés à taper dans google et pinterest (accompagnés des mots bullet journal) pour découvrir des panoplies de graphismes super faciles qui habilleront vos pages en deux coups de crayon: Arrow – flèches – Deviders (lignes séparatrices) – frames – bannière – fanion 

 

  • Un doodle n’est pas un dessin!

En francais, doodle signifie griffonner. Pour décorer un bullet journal, on n’a pas besoin d’avoir recours au dessin, plus pompeux et qui sous-entend tout un tas de techniques à apprendre. C’est bien souvent le mode un peu brouillon et griffonnage qui prédomine dans les jolis bullet journal que vous pouvez voir passer sur la toile. Regardez la différence entre un cactus dessiné et un autre griffonné.

La deuxième option semble tout de suite beaucoup plus accessible pour les gens qui n’ont jamais dessiné.

En cherchant un modèle de dessin pour votre bujo, veillez donc à viser une production en mode « gribouillage » et utilisez directement le mot doodle ou griffonnage lors de votre recherche dans google ou Pinterest. Exemple: doodle cactus. En ajoutant bullet journal vous aurez d’autant plus de tuto et autres idées pour agrémenter vos pages.

Les sites sur lesquels vous trouverez de nombreux exemples et modèles sont super sympas, ils partent bien souvent du principe que, comme beaucoup de monde, vous vous lancez dans le bujo sans avoir fait les beaux-arts.

Dans le même ordre d’idée, dès que je veux écrire un titre dans une écriture spéciale, je fais une recherche des mots du titre accompagnés des termes bullet journal. Je trouve bien souvent mon bonheur.

  • Se décomplexer et foncer!

Vous gribouillez pour vous et personne n’aura accès à ce carnet alors pas de complexes! Je suis tombée sur deux bouquins qui ont contribué à me faire lâcher prise et me lancer, je vous les conseille.

Le premier de Quentin Blake et John Cassidy est très libérateur pour les novices qui s’imaginent ne disposer d’aucun talent (mon profil en débutant) et donne une sacrée dose de confiance en soi en poussant les lecteurs à oser, directement, là, dans le bouquin même, à griffonner tout un tas de trucs. Ils vous poussent dans vos retranchements, vous apprennent à vous débarrasser de ce regard ultra critique qui a tendance à nous paralyser et il est écrit avec beaucoup d’humour.

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Le deuxième, d’inspiration japonaise, est rempli de modèles super faciles à reproduire, en quelques heures vous aurez l’impression de maîtriser et des tas d’icônes et petits personnages viendront garnir tous les espaces vides laissé dans votre bullet journal.

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  • Il n’y a pas que le dessin! 

Un bujo peut aussi devenir très chic en étant décoré à l’aide de washi tapes divers, stickers et collages. Dans ce cas, les rayons de scrapbooking vous fourniront tout le matériel nécessaire. J’ai recours à cette technique pour les pages moins spéciales, plus usuelles comme les semainiers ou des notes de blog par exemple. A chacun de trouver son équilibre pour ne pas passer trop de temps non plus et perdre alors en efficacité. J’écrirai un billet prochainement sur la gestion du temps autour du bullet journal.

Reprenons mon exemple du début. Suite à l’exemple trouvé sur Pinterest, j’ai donc gardé la même idée de titre (même lettering, ou plus ou moins) que j’ai entouré avec un cadre en masking tape. J’ai piqué quelques motifs dans mes flèches et autres cadres basics, le tout réalisé au crayon pour avoir une idée générale et pouvoir gommer. DSC_0171

Après beaucoup de réajustements et gommages, j’ai utilisé les feutres Faber-Castell noir à pointes S, M et B pour repasser sur le tout. En cherchant des exemples de cactus, j’ai finalement opté pour un simple pot de fleurs. C’est ce que j’aime dans la composition des pages, on a une idée de départ et tout finit par évoluer au gré de nos envies et inspirations.

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S’il ne fallait retenir que trois points de cet article très long, n’oubliez jamais: 

– un rien peut habiller une page de bujo: une jolie flèche, un cadre, une belle bannière à fleurs,…

– d’avoir recours à des modèles, mixer les éléments de plusieurs pages vues sur la toile et qui semblent accessibles, ne pas vouloir reproduire à tout prix

– de vous laisser le temps, favoriser le crayon pour les essais-erreurs. On ne dessine pas…on griffonne, en bref, on s’amuse!  

 

 

 

 

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17 réflexions au sujet de « Créer une page de bullet journal (quand on pense qu’on ne sait pas dessiner) »

  1. c’est chouette de pouvoir rendre nos journaux personnels encore plus « personnel ». Je suis nul en dessin mais c’est une façon d’apprendre qui me plais, bonne soirée à toi, merci pour ce beau partage, Bises de Bretagne pour toi 🙂

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    1. Oui en fait on part du principe qu’il faut forcément être doué en dessin pour aimer dessiner mais on se rend vite compte qu’il y a des tas de petits gribouillages très accessibles qui ne demandent pas les talents de Picasso et du coup c’est parti, on prend du plaisir 🙂 C’est drôle parce que le bullet journal c’est un concept inventé par un homme, un truc bien pragmatique, super organisé et bien pensé et puis les femmes sont venues mettre leur grain de sel avec la déco, les dessins, etc… Belle soirée Frédéric, merci pour ton passage par ici

      Aimé par 1 personne

  2. Whoua ! 😍 Je trouve le résultat de ton bujo vraiment réussi bravo !
    C’est vrai que j’avais tendance à penser que les bujoteuses 😆 faisaient tout du premier coup sans aucune rature et c’est ce qui me démoraliser moi qui ne peut pas faire une phrase écrite quasiment sans rature ! 😄
    Je note toutes tes idées sont vraiment intéressante et ça rend le monde du bujo beaucoup moins complexe d’un coup ! 😃
    J’ai acheté il y a quelques mois un agenda/bujo déjà fait avec des illustrations bannière et tout c’est super mimi et agréable à remplir mais j’avoue que parfois j’attends les limites quand je me dis tiens là j’aurais aimé avoir un encadré spécial pour ça ou une page entière dédiée pour noter une recette, des conseils, des notes etc.
    Donc l’idée d’en faire un moi même avec la satisfaction que ça engendre et mon esprit creatif/gribouilleur 😁 commence à faire son chemin dans ma tête 😜 Merci à toi pour toutes tes astuces très pratique et merci Pinterest 😄✌

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    1. Merci pour ton retour 🙂
      Tu as raison de commencer avec un bujo à remplir, parce que comme ça tu fais l’expérience d’en utiliser un, voir ce que ça t’apporte, et en ressentir les limites est un signal super fort, ça veut sans doute dire que tu es prête pour te lancer! Si tu le sens lance toi, il ne faut pas attendre d’être certaine d’arriver à un résultat, tu seras rapidement surprise des jolies pages que tu pourras réaliser juste avec un joli encadré ou une bannière, et c’est ça qui te donnera envie de continuer. Tiens nous au courant sur ton blog dès que tu as sauté le pas. Belle journée à toi

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  3. Ton article est très intéressant et répond à des questions que je me posais comme « comment se dépasser lorsque l’on ne sait pas dessiner » ce qui n’est pas mon cas. Et oui, la gestion du temps ? C’est la raison pour laquelle je ne pousse jamais quelqu’un à commencer un bujo parce que ça me semble chronophage. Donc, j’attends le prochain article sur la question. Je trouve que tu te débrouilles très bien en tous les cas, ton bujo ressemble à ce que l’on voit sur Pinterest.

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    1. C’est prend du temps au début mais après on trouve un rythme de croisière quand les bénéfices qu’on en tire aident vraiment à gagner du temps sur l’organisation. Ça dépend aussi quel plaisir on prend à customiser son journal évidemment, comme tout si on le fait en pensant résultat c’est chronophage. En fait pour se libérer de la contrainte temps il faut à tout prix que le dessin soit un plaisir en soi.

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